ANR · 2015

INI — Traitements Innovants pour l'Oreille Interne

Financement : 610 553 €

5 partenaires

Fiche du financeur ↗

L’objectif de ce projet est d’ouvrir de nouveaux horizons aux traitements médicaux de la cochlée de l’oreille interne. De nouvelles stratégies thérapeutiques seront développées pour les pathologies de l’oreille, en particulier la perte d’audition. Malgré l’existence de composés hautement actifs, la plupart des traitements sont à ce jour impossibles car le principe actif ne peut atteindre son site d’action : l’oreille interne. Ceci est dû à la présence de la barrière hémato-cochléaire, qui empêche le passage de principes actifs depuis la circulation systémique jusque l’oreille interne. Ainsi, l’administration par des voies conventionnelles (ex : orale, i.m., i.v.) ne permet pas au principe actif d’atteindre sa cible. L’injection directe dans l’oreille interne permet de contourner la barrière hémato-cochléaire, mais nécessiterait des administrations fréquentes de par l’élimination du principe actif. Or le risque d’infections et la sensibilité aux fluctuations du très faible volume du fluide au sein de la cochlée rendent cette stratégie impossible. L’utilisation de formes galéniques innovantes permettant de contrôler localement et dans le temps la libération du principe actif offre un fort potentiel pour surmonter ces obstacles. Cependant, à ce jour, la plupart des approches dans ce domaine montre de grandes variabilités, le temps de résidence des systèmes au site d’administration variant significativement in vivo, dû à leur élimination plus ou moins rapide. Les quantités de principes actifs atteignant l’oreille interne et la durée de délivrance sont par conséquent très incertaines. Cette incertitude pose un problème de fiabilité quant à l’efficacité du traitement et la sécurité du patient. L’objectif de ce projet est de surmonter ce goulot fondamental et d’assurer une délivrance contrôlée du principe actif dans l’oreille interne. Deux types de systèmes seront développés : (i) des gels mucoadhésifs, chargés en liposomes, appliqués sur la fenêtre ronde et libérant le principe actif pendant des heures, jours ou semaines, et (ii) des implants intracochléaires, insérés dans l’oreille interne et libérant le principe actif au site d’action pendant plusieurs mois ou années. Ces deux types de dispositifs sont complémentaires et devraient permettre un contrôle plus reproductible des concentrations au site d‘action, et ainsi améliorer l’efficacité et la sûreté du traitement. Le principe actif sera piégé dans des matrices polymériques biocompatibles, qui préviendront une libération instantanée après administration et assureront une libération contrôlée sur des périodes allant de quelques heures à plusieurs années. Les gels intratympaniques et les implants intracochléaires chargés avec différents principes actifs seront préparés par réhydratation du polymère et injection-moulage et leurs performances in vitro et in vivo testées. L’ajustement de la formulation et des procédés de fabrication permettra d’optimiser les cinétiques de libération. Une caractérisation physique approfondie des implants et gels et une modélisation mathématique permettront de mieux comprendre leur fonctionnement. De plus, les propriétés mécaniques clés de ces systèmes seront suivies afin d’assurer une manipulation aisée par les chirurgiens. Les résultats attendus de ce projet incluent : (1) des prototypes (implants et gels) ainsi que le savoir-faire pour préparer ces formes innovantes permettant de surmonter la barrière hémato-cochléaire, (2) la connaissance des caractéristiques clés de ces dispositifs, (3) l’ouverture à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour traiter les pathologies de l’oreille interne, et (4) une base de données exhaustive des performances in vitro et in vivo de ces systèmes, servant de point de départ pour des essais cliniques par la suite. L’exploitation économique des nouveaux résultats est envisagée sur le long terme grâce à la participation au consortium d’une entreprise spécialisée dans des électrodes intracochléaires high-tech.

Structures participantes de Université Paris-Saclay

Provenance des données

Sources : scanR. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.