ANR · 2015
WhyCooperate — La sélection sexuelle ou sociale sont-elles impliquées dans l’évolution de la coopération? Évaluation des mécanismes assurant la fiabilité de la coopération et des bénéfices directs obtenus par les coopérateurs
La coopération est présente à tous les niveaux du vivant, des bactéries aux vertébrés tels que les humains. Selon le consensus actuel, elle s’explique par la sélection de parentèle et secondairement par la sélection naturelle. Les sélections sociale et sexuelle, qui supposent une association préférentielle avec les individus les plus coopératifs, pourraient avoir un rôle tout aussi majeur. Cependant le rôle de ces forces est controversé : on ne comprend pas comment la coopération peut être un critère de choix fiable lié à la qualité et/ou coopérativité future de l’individu. Afin de déterminer si la coopération peut évoluer sous sélection sociale ou sexuelle, nous avons 3 objectifs. (1) Tester 3 mécanismes pouvant assurer la fiabilité de la coopération et donc le fait qu’elle puisse être un critère de choix social ou sexuel. (2) Quantifier les bénéfices sociaux et sexuels de la coopération pour le coopérateur et celui qui s’y associe. (3) Tester les liens entre coopération et compétition afin de déterminer si comme attendu, les bénéfices directs de la coopération conduisent à des conflits pour coopérer. Nous proposons de travailler sur le Républicain social, un oiseau présentant 3 niveaux de coopération : le nourrissage de jeunes qui ne sont pas les siens; la construction collective d’un gigantesque nid communautaire et la défense collective des nids contre les prédateurs. Objectif 1. Nous appuyant sur les théories de communication et des syndromes de personnalité, nous proposons de nouvelles façons de tester la fiabilité de la coopération. L’hypothèse que la coopération puisse être un signal condition dépendant sera testée autrement que dans les études précédentes : les coûts de la coopération seront mesurés physiologiquement (stress oxydant, télomères) et des expériences manipuleront d’une part la condition des coopérateurs et d’autre part la présence de récepteurs (l’audience). Par ailleurs, deux solutions jusqu’alors non considérées seront testées : (i) la coopération est fiable car elle est un trait de personnalité et/ou (ii) car elle est fiable car elle est signalée par des caractéristiques morphologiques. La coopération en tant que trait de personnalité sera étudiée en mesurant sa répétabilité et ses liens avec d’autres comportements comme la socialité, la témérité et l’agressivité. La coopération en tant que trait signalé par la morphologie sera testée en mesurant son association avec les couleurs mélaniques, souvent pléiotropiques. Objectif 2. Nous quantifierons les bénéfices sociaux et sexuels de la coopération pour les coopérateurs et les individus qui s’y associent. Des données à long terme (en partie récoltées) et des expériences à court terme seront utilisées pour relier la coopération au succès d’association social et sexuel et à la survie. Nous déterminerons par ailleurs si les coopérateurs sont de meilleurs partenaires sexuels participant plus aux soins parentaux. En liaison avec les hypothèses des ‘bons gènes’ et pour déterminer si la coopération pourrait être héritable et ainsi choisie car transmise aux descendants, nous chercherons enfin si des liens existent entre la coopération et le gène du DRD4. Objectif 3. Nous analyserons les liens entre compétition et coopération. Des données sur les hiérarchies de dominance et taux de coopération permettront d’établir si les individus sont en compétition pour coopérer. La faisabilité de ce projet est assurée par les connaissances théoriques de la coopération, communication et sélection sexuelle par l’équipe, la connaissance du modèle biologique et les données déjà acquises par C. Doutrelant et R. Covas, ainsi que par les compétences en bioacoustique (F Rybak), captures-recaptures (A Grégoire) et physiologie (B Faivre, F. Criscuolo). Une NERC obtenue (B. Hatchwell) assure en partie le génotypage et l'évaluation complémentaire des bénéfices indirects. Deux post docs (S. Lardy, A. Tognetti), techniciens (S. Perret, E Steimetz) et un doctorant (M. Rat) sont impliqués.
Participating units of Université Paris-Saclay
Data provenance
Sources : scanR. Data compiled on 27/10/2026. Found an error? It is corrected in the original source (HAL, RNSR, directory); see how.