CESDIP · Unité mixte

Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales

Le CESDIP (Centre de recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales) est un laboratoire de recherche rattaché à l'UVSQ, au CNRS, à l'Université de Cergy ainsi qu'au Ministère de la Justice. Ses recherches se concentrent autour de la sociologie de la justice et de la délinquance, selon 3 thèmes transverses :

Texte : Annuaire de l’établissement

870

Publications HAL

21

Chercheurs

14

Projets

Site du laboratoire ↗Publications dans HAL ↗

Tutelles

Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Centre national de la recherche scientifique, Ministère de la justice, CY Cergy Paris Université, Université Paris-Saclay

Localisation

Guyancourt

Création

2006

Identifiants pérennes

Références de cette unité dans les référentiels publics : elles servent à la recouper avec d’autres sources, et ne changent pas quand le nom change.

Domaines

Part des publications HAL par domaine

Science politique

321

Sociologie

305

Histoire

130

Droit

126

Etudes sur le genre

40

Art et histoire de l'art

24

Anthropologie sociale et ethnologie

18

Héritage culturel et muséologie

11

Web

9

Géographie

7

Mots-clés fréquents : police, france, prison, justice, politique, expertise, intégrité scientifique, citizenship, sécurité, discrimination

Chercheurs

21 personnes ayant publié depuis 2022

Projets

14 projets

ANR

2025

REDENAT — Reprendre ou quitter la nationalité française. Pratiques et politiques de l'appartenance nationale en période postcoloniale (1960-2000)

Reprendre ou quitter la nationalité française. Pratiques et politiques de l’appartenance nationale en période postcoloniale (années 1960-années 2000) Alors que les modalités d’attribution et d’acquisition de la nationalité française font à nouveau débat, le projet REDENAT s’inscrit dans le domaine des politiques et du droit de la nationalité en contexte postcolonial, en proposant une approche dynamique et plurielle des appartenances nationales. REDENAT a pour ambition d’étudier les héritages coloniaux et les reconfigurations postcoloniales de la nationalité française dans une approche de longue durée (années 1960-années 2000). Ce projet veut contribuer à une meilleure connaissance des doubles appartenances nationales, de plus en plus étudiées au prisme de la théorie politique, mais encore peu investiguées en termes de trajectoires individuelles et collectives. L’originalité de REDENAT est d’étudier ces questions à l’échelle des dossiers personnels pour saisir les volontés individuelles soit de redevenir français, soit de ne plus l’être, en les croisant avec les usages du droit des agent·es amenés à juger ces demandes. REDENAT est porté par trois partenaires dont la collaboration est essentielle pour la mise en œuvre du projet : le Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), l’Institut national d’études démographiques (INED) et le Département justice et intérieur (pôle Naturalisations) des Archives nationales (site Pierrefitte-sur-Seine). Le projet se concentrera sur deux procédures discrétionnaires anciennes et méconnues qui concernent majoritairement des ressortissants, hommes et femmes, de l’ancien empire colonial : la réintégration dans la nationalité française et la perte volontaire de nationalité (binationaux ne souhaitant « plus être français·es » – une procédure jamais étudiée). Ces deux procédures ont concerné respectivement 170 000 (1960 à 2000) et 15 500 (1960 à 1986) personnes. Le projet repose sur le dépouillement d’un corpus de 300 dossiers de demande de perte volontaire, combiné à un échantillon de 1250 dossiers de demande de réintégration. L’analyse de ces « carrières de papiers » est rendue possible grâce à des dérogations exceptionnelles d’accès aux dossiers individuels déjà obtenues grâce au partenariat noué avec les Archives nationales. Les bases de données ainsi constituées seront analysées au prisme de méthodes mixtes (statistiques, analyses de discours…) quantitatives et qualitatives. Au-delà des dossiers individuels, de multiples sources seront mobilisées : entretiens avec des requérant·es, des agent·es administratifs et des intermédiaires, archives ministérielles, diplomatiques (liées aux négociations avec les États devenus indépendants), militaires et parlementaires, circulaires et instructions, recours contentieux. Une comparaison sera effectuée avec les pratiques d'autres situations post-impériales (Grande-Bretagne, Belgique, Portugal et Pays-Bas), afin d’élargir l’analyse des pertes et des reprises de nationalité en contexte postcolonial. Le projet REDENAT constituera une contribution originale à l’étude des formes de pluri-appartenances nationales, qu’elles soient inconscientes, récusées ou souhaitées du point de vue des requérant·es et acceptées ou refusées du point de vue de l’autorité publique. Les « troubles dans la nationalité » apparaissent en effet constitutifs des trajectoires de millions de personnes amenées à changer de nationalité à l’ère postcoloniale. Face à ces incertitudes, les demandes de (re-)prendre ou de quitter une nationalité sont aussi un moyen d’entrer en négociation avec des administrations continuant de saisir les individus dans des modalités relevant de « l’étreinte de l’État ». D’une durée de quatre ans, REDENAT conduira, au-delà des productions scientifiques prévues, à enrichir les débats publics et à répondre à des attentes sociétales fortes sur ces questions.

ANR

2024

SocMir — « Sociohistoire de la radicalisation nationaliste. Analyse prosopographique du militantisme au sein de l’OAS »

Au croisement de la science politique et de l’histoire, notre projet de recherche interdisciplinaire vise à construire une base de données la plus exhaustive possible sur la militance nationaliste OAS englobant les milliers d’individus jugés par les tribunaux spéciaux, en particulier devant la cour de sûreté de l’État, installée à Paris en 1963. Cette base de données, comprenant une soixantaine d’entrées, permettra, dans une perspective prosopographique, de reconstituer des parcours biographiques, individuels et collectifs, d’élaborer une typologie de ces militants et d’identifier les mécanismes et processus de radicalisation les conduisant à commettre des actes de violence qu’il s’agira de distinguer en fonction de leur nature et de la sociologie de leurs auteurs. À l’issue de ce travail d’analyse des archives judiciaires et policières selon une méthodologie tant quantitative que qualitative, une publication scientifique (numéro spécial de revue, ouvrage collectif et/ou site internet) rendra compte des résultats de la recherche. Cette publication accordera une place importante à des productions graphiques (cartographies fines, à différentes échelles, histogrammes, diagrammes etc.). Il s’agit moins d’un travail d’histoire sur l’Algérie des années 1960 qu’une contribution à l’étude des processus de radicalisation devant déboucher à terme sur une analyse comparée entre acteurs violents à différentes époques et autour de différentes causes.

ANR

2024

LANACI — Analyse longitudinale de la délinquance et l’insécurité

Le projet LANACI vise à étudier les tendances à long terme de la peur du crime, de la préoccupation pour la sécurité et de la victimation grâce à une enquête longitudinale par panel. La sociologie de la déviance et de l'insécurité a été dominée par l'analyse des données des condamnations judiciaires et les enregistrements de police. Pour étudier la population générale, des enquêtes par sondage sont utilisées. Ces dernières font face à deux défis : l'instabilité des instruments et l'isolement des enquêtes sur la criminalité et la victimisation. Pour étudier comment l'insécurité évolue au fil du temps, il est nécessaire de comprendre les mécanismes impliqués et leurs déterminants sociaux plus larges. Le projet s'appuiera sur une enquête par panel sur le web durant 5 ans. Les données produites seront diffusées à la communauté académique via la plateforme https://data.sciencespo.fr/. Les méthodes d'analyse seront les régressions de panel, l'ACP, l’AFM et les classifications CAH. Le panel probabiliste ELIPSS comporte 2500 répondants. Une maîtrise méthodologique de la production des données nous aidera à étendre les séries des anciennes enquêtes INSEE. Le coordinateur scientifique de l'équipe OSCJ CESDIP est Antoine JARDIN, IR CNRS. La coordination du projet pour le partenaire CDSP sera assurée par Emmanuelle Duwez, IR et responsable de l'unité de production de données au sein de l'organisation. L'équipe CESDIP s'appuiera sur l'expertise technique et méthodologique de l'équipe CDSP pour la construction de l'instrument LANACI. Ces données facilement accessibles pour les doctorants, les post-doc et les enseignements de Master constitueront des ressources précieuses. Ce projet de recherche, au-delà de sa pertinence scientifique, présente un intérêt pour le débat public et pour la compréhension que la société française a d'elle-même sur ces questions centrales

ANR

2022

VoP — Visions of Policing: How Visual Technologies Shape Police Oversight and Training

New visual technologies including body-worn and cellphone cameras have led to previously unprecedented access to police conduct. Public reaction to the ‘new visibility’ of use-of-force, crowd control and interrogations has been extremely polarized, and criticism has been directed at police services through video evidence. However, little attention has been paid to how police use visual information themselves to evaluate officer conduct and training. This project fills that gap, conducting a comparative analysis of citizen and police use of visual technology to criticize and inform “reasonable” police conduct. In stage 1, researchers will analyze the reports of police oversight services or criticisms of police conduct by citizens groups, closely attending to how these groups utilize visual technology to support accusations of police misconduct, and how evidence is used by civilian police oversight services to adjudicate those accusations. We will study the types of arguments made with videos of police conduct, and how such arguments are either accepted or rejected through an investigative process. Reports of police misconduct with video evidence will be compared with reports without supporting video evidence to better comprehend how video alters or augments citizens’ capacities to complain about the police. In stage 2, we will study how police services use visual technologies (video, immersive trainers, etc) to evaluate and teach “reasonable” officer conduct in use-of-force, crowd control, and interrogation settings. We will conduct participant-observation ethnographies, sitting in on classes at police colleges and interviewing police trainees and trainers on how visual technologies are informing their learning and teaching practices. The information obtained through this research will be compared with information learned in the first stage to better understand how the new visibility of policing is affecting the perception of “reasonable” officer conduct. Findings from these two stages of research will be shared with, and used by, software engineers at Cardiff university to build new video analytic and simulation tools for police oversight and training. We will work with these scholars and practitioners to inform a set of simple tools for annotating and analyzing video for both pedagogic and oversight purposes, and to develop international best practice for using visual technologies in police training and oversight. This research contributes to a broad body of literature on the phenomenology of perception, a conceptual and theoretical analysis of how perception functions in society. We will contribute to theoretical discussions about how perception is achieved between individuals, using police oversight and training as ‘perspicuous settings’ to explore how disputes over police conduct are argued or agreed upon, furthering our academic understanding of how visual stimuli are transformed into meaningful information.

ANR

2021

COCOLE — Compter en situation coloniale. L'Afrique française (1830-1962)

Compter en situation coloniale. Croisant les approches disciplinaires et les échelles d’analyse, le projet étudie la production des statistiques dans les territoires africains de l’empire français, du début du XIXe siècle aux indépendances des années 1960. Il informe à la fois sur la gouvernance coloniale et ses transformations et sur les rapports de force et les inégalités qu’elle véhicule ; il éclaire le jeu des acteurs, publics et privés, colonisateurs et colonisés, qui, en métropole et dans les territoires utilisent ces indicateurs, participent à leur production ou bien refusent d’y contribuer. Plus largement, et même si elle s’arrête aux statistiques économiques (activité, production, prix, travail), l’enquête éclaire à la fois l’empire des chiffres en colonie et l’impact de l’expérience coloniale sur la production des statistiques. En reconstituant l’histoire institutionnelle, sociale et intellectuelle de leur production, en s’arrêtant aux matériaux bruts, aux coulisses des enquêtes et à la construction des catégories statistiques nous entendons montrer combien le chiffre est structurant, comment il fait lien et comment, en classant, il hiérarchise et exclut. Il s’agit ainsi de préciser en quoi le fait de compter, de tenir des comptes si l’on est producteur ou de fabriquer des statistiques si l’on est administrateur, est une manifestation du pouvoir. L’enquête informera plus avant sur les spécificités du gouvernement en situation coloniale, en soulignant les formes d’autonomie des acteurs présents sur le terrain, les tensions qui les opposent, et en précisant si – et comment – les statistiques ont pu constituer une « technologie de la distance ». Nos travaux interrogeront également les inévitables approximations, dissimulées sous la rigueur du nombre, qui entretiennent l’illusion d’un savoir-pouvoir chez les administrateurs et dans les milieux économiques coloniaux, participant au « colonial gaze », au prisme déformant et déformé que les administrations ont des territoires colonisés, et plus largement de leur propre pouvoir. Au bout du compte, l’enquête permettra de mieux comprendre ce que compter veut dire, d’interpréter les conventions statistiques et comptables en situation coloniale, et de montrer comment et en quoi l’empire des nombres éclaire le processus de colonisation.

ANR

2021

INJUVID — Injustices, conflictualités et expériences du droit en urgence sanitaire

INJUVID propose d’étudier dans trois domaines majeurs de la vie quotidienne – l’espace public, la famille et le travail – les manières dont les individus et les groupes font face aux injustices, tensions et conflits nourris ou exacerbés par la crise sanitaire et les mesures prises pour tenter de la gérer : régime de restriction des libertés de circulation, d’autorisations et de couvre-feux ; arrêt puis fonctionnement dégradé des institutions permettant de gérer les différends familiaux ; évolution des règles de santé / sécurité et règles dérogatoires en matière de lieux et temps de travail. Pour étudier dans quelles conditions, de quelles manières et avec quels effets les citoyennes et les citoyens mobilisent le droit quand elles et ils perçoivent et dénoncent des dangers ou des injustices dans leur vie quotidienne bouleversée par la pandémie, ce projet s’appuie principalement sur les Legal Consciousness Studies, une perspective de recherche qui a, depuis les années 1990, renouvelé l’analyse des rapports et usages quotidiens au droit. A partir d’une enquête par entretiens et analyse de sources écrites auprès d’individus ayant vécu des situations problématiques mettant en jeu la légalité, ainsi que d’intermédiaires du droit (associations de lutte contre les discriminations et violences policières, associations féministes et/ou familiales, syndicalistes et membres de l’inspection du travail), ce projet comparera dans deux régions inégalement touchées par la pandémie (Ile de France et Bretagne) comment les individus et les collectifs mobilisent le droit, sollicitent ses intermédiaires et recourent (ou non) à ses institutions. La recherche permettra ainsi d’identifier les formes de régulation des conflits pertinentes au regard des inégalités et des vulnérabilités qui s’y jouent, afin de soutenir notre résilience collective face à l’urgence sanitaire toujours prégnante.

ANR

2020

Crimscape — Crimscape : naviguer les citoyennetés à travers les paysages de criminalisation en Europe

Le projet CrimScapes explore l'expansion de l'application du droit pénal, des mesures de prévention et de contrôle de la criminalité et des imaginaires de la (il)légalité comme étant à la fois des réponses et à l'origine des politiques basées sur la menace et l'insécurité qui augmentent actuellement dans la région européenne. Étant données les tensions inhérentes entre les processus démocratique et une régulations légales toujours croissante, ce projet examine l'augmentation le recours grandissant aux technologies et institutions criminelles comme représentant un défit à la nature participative des sociétés démocratiques et comme possible symptômes et causes du sentiment général de turbulence qui est arrivé à dominer une grande partie de la vie politique, économique et sociale. CrimScapes cherche à saisir d'une manière analytique les motivations, les défis et les implications plus larges qui se cachent derrière la criminalisation d'une variété d'acteurs et de pratiques qui façonnent et modifient un enchevêtrement de crimscapes — des paysages de la criminalisation. Au moyen de recherches bibliographiques, d'exploration d'archives et d'entretiens, les membres du projet vont développer les généalogies de sept crimscapes européens sélectionnés préalablement (migration, travail du sexe, discours de haine, maternité de substitution, prison, usage de drogue, identités et relations LGBT). D'autres interviews, ainsi que des enquêtes ethnographiques, aideront à identifier et conceptualiser les stratégies, les relations et les dynamiques citoyennes des acteurs concernés afin de saisir comment ils négocient leur participation démocratique et libertés dans un contexte caractérisé par des mesures de contrôle et de régulations propres aux conditions de la criminalisation. Partant de ces données empiriques, les chercheurs conceptualiseront ensuite pour des publics différents les manières par lesquelles les subjectivités, les réalités vécues, les revendications citoyennes et les futurs désirés propres aux acteurs criminalisés pourraient être mieux pris en compte dans les processus démocratiques au travers de cette région.

ANR

2020

POLACS (ES T011769 1) — La responsabilité policière : vers des standards internationaux

Dans un contexte général où les démocraties traditionnelles ont accru les pouvoirs et les ressources allouées aux services de police afin de combattre le terrorisme et les autres menaces qu'elles ont identifiées, le projet de recherche POLACS vise à comparer les capacités d'actions dont disposent les citoyens pour responsabiliser ces services et les contrôler (organismes de surveillance indépendants, procédures de plaintes contre la police, autres). En effet, la police dispose désormais de pouvoirs supplémentaires, de nouvelles technologies et de réseaux transnationaux qui s'ajoutent aux capacités déjà étendues qu'elle détenait, lui donnant des moyens puissants pour surveiller et s'immiscer dans la vie des citoyens, quitte à mettre entre parenthèses leurs droits fondamentaux. En parallèle, il s'est avéré très difficile d'inscrire sur l'agenda politique la réforme et l'amélioration des procédures de plaintes contre la police. Aujourd'hui, avec l'omniprésence des outils d'enregistrement audiovisuels et la possibilité de diffuser instantanément sur internet les images des confrontations entre la police et le public, ce qui était un problème caché est devenu un enjeu politique important. Des chercheurs de plusieurs pays, Canada, France, Allemagne, Royaume-Uni, et Japon, sont impliqués dans le projet POLACS. Cette recherche couvrira également d'autres pays qui disposent d'organismes de contrôle des polices bien établis depuis longtemps, tels que l'Australie, les Etats-Unis, et les Pays-Bas. Compte tenu des préoccupations croissantes qu'expriment les citoyens en termes de responsabilisation des policiers, il est nécessaire de développer les connaissances empiriques sur les différents systèmes de contrôle existant dans chaque pays et de les comparer entre eux. Cela permettra d'établir des normes de "bonnes pratiques". Le projet POLACS intègre aussi une analyse des mécanismes de contrôle qui s'exercent dans le cadre des coopérations policières transnationales, comme Europol ou l'Espace Européen de Liberté, de Sécurité et de Justice (ELSJ). Beaucoup de ces réseaux de coopération internationaux échappent en effet aux contrôles parlementaires ou judiciaires nationaux et peuvent difficilement être mis en cause par les citoyens. Les chercheurs universitaires impliqués dans le projet POLACS se proposent d'examiner les mécanismes de contrôle et de responsabilisation des services en s'appuyant sur leurs savoirs théoriques mais aussi sur leurs connaissances empiriques des fonctionnements policiers, et de les confronter aux évolutions qu'ont connus ces derniers depuis les années 1990. L'approche comparative s'impose comme l'outil le plus efficace pour évaluer les atouts et les limites de chaque système de contrôle national ou infranational. Elle permet d'établir les bases indispensables à l'élaboration de normes internationales de bonnes pratiques. Les responsables politiques, les praticiens ou les acteurs mobilisés contre les abus policiers rencontrent les plus grandes difficultés pour comparer entre eux les différents systèmes : les données qualitatives ou quantitatives disponibles ne sont pas comparables entre elles. Ce n'est qu'en rassemblant à une grande échelle les données et les connaissances existantes qu'il sera possible de comparer les systèmes de contrôle de la police et d'identifier les éléments qui manquent actuellement pour que ce contrôle s'exerce de manière satisfaisante. Le projet POLACS offrira l'opportunité d'une réflexion empirique sur les outils actuels, tout en ouvrant de nouveaux champs de recherche.

ANR

2018

CORTEM — Les corps-témoins. Pour une sociologie politique du traitement des restes humains

Le projet CORTEM s’intéresse au traitement controversé des morts jugés aujourd’hui socialement problématiques, au point de faire l’objet de controverses sur des scènes tant nationales qu’internationales : il peut s’agir des corps des victimes de crimes de masse ou de catastrophes naturelles, des migrants morts au cours de leur traversée, ou encore de condamnés à mort exécutés dans des conditions douteuses. Ces cadavres sont problématiques, parce qu’ils ne sont pris en charge par aucun Etat, mais qu’ils sont en revanche expertisés, interrogés et qualifiés par les représentants d’organisations supra-étatiques (ONGs, Tribunaux internationaux, agences dépendant des Nations Unies ou Eglises). C’est cette tension autour du traitement des restes humains problématiques que CORTEM propose d’étudier, en réunissant quatre recherches menées dans une perspective pluridisciplinaire (mêlant l’anthropologie, la sociologie et la science politique) et centrées sur des terrains internationaux : elles portent sur les corps des victimes de crimes de masse en Afrique de l’Ouest ou en Corée du Sud, sur ceux des migrants morts aux frontières européennes, et enfin sur les corps expertisés et controversés des condamnés à mort exécutés aux USA. L’enjeu de cette étude est double : tout d’abord, analyser les recompositions contemporaines de la gestion des morts violentes et, ce faisant, d’interroger les limites actuelles du monopole étatique de la violence légitime. Les cadavres controversés étudiés par le projet relèvent en effet par excellence des corps « infâmes », dont la mort violente est habituellement indifférente aux autorités étatiques (dans le cas des migrants) ou directement provoquée par ces dernières (cas des crimes de masse ou de la peine capitale), mais qui sont aujourd’hui l’objet de l’attention d’acteurs situés hors ou au dessus des Etats. Le second enjeu des recherches menées au sein de CORTEM est alors de décrire l’émergence de controverses transnationales autour de l’expertise et du traitement de ces restes humains, et la combinaison originale qu’ils opèrent entre des savoirs experts émanant d’acteurs publics ou privés pouvant être des scientifiques, des militants, ou encore des juristes. Quelles sont les scènes et les organisations transnationales (forums, think tanks, cours de justice internationale) au sein desquels ces acteurs interagissent, et dans quelle mesure circulent-ils d’une scène à l’autre ? Comment les différentes expertises mobilisées permettent-elles de faire « parler » les corps, de qualifier les conditions de leur mort : c’est-à-dire de les désigner ainsi comme victimes ou de désigner les responsables de leur décès ? Comment s’opère alors la traduction d’un langage expert à propos des cadavres (médical ou juridique par exemple) vers un autre ? Tels sont les questions auxquelles CORTEM vise à répondre. L’objectif final du projet est ainsi de décrire les nouveaux collectifs « hybrides » d’acteurs, et les nouvelles arènes transnationales de débat, qui se construisent autour de cette problématisation des restes humains – et, au-delà, autour de la problématisation de la violence d’Etat dans le monde contemporain. Il constituera un apport scientifique immédiat en proposant l’analyse sociologique d’une question jusqu’ici peu étudiée – les cadavres et leur traitement controversé – qu’il relie directement à des évolutions politiques majeures du monde contemporain, notamment la globalisation des enjeux politiques, et la mise en cause croissante de la violence politique des Etats. D’un point de vue méthodologique, il fournit l’occasion d’articuler les acquis de la sociologie des sciences avec ceux des sociologies des controverses, en prenant au sérieux la matérialité des restes humains et leur impact sur l’activité des experts. Enfin, il contribuera à l’action des professionnels, notamment pour la diffusion de « bonnes pratiques » en matière de traitement des restes humains.

ANR

2016

INSOCPOL — Insécurité et territoires: division sociale et participation politique

La question sociale est-elle en train de revenir sous les espèces d’une question urbaine du risque? À cette interrogation, ce projet veut répondre en analysant, dans une grande métropole, les inscriptions sociales de l’insécurité en fonction de la distribution socioprofessionnelle des espaces urbains et des positions poli-tiques. Il mobilise trois bases de données, en opérant au niveau de l’IRIS pour atteindre un niveau précis d’analyse territoriale. À partir des enquêtes sur la victimation et l’insécurité en Île-de-France il explorera les différentes combinaisons de ses deux facettes, l’exposition à la victimation et le sentiment d’insécurité, et localisera leurs territoires. Ces résultats (produits par le CESDIP) seront confrontés avec les données sur la division sociale de l’espace francilien et son évolution (OSC) et celles sur les comportements politiques tirés des résultats électoraux publiés par le Ministère de l’Intérieur. Les bases disponibles permettent de comparer également les évolutions de ces trois sortes de données sur plus d’une quinzaine d’années (1998-2015). La jonction des données est opérée sur une base cartographique à partir de la ventilation des données dans le découpage de référence des IRIS. La deuxième tâche est l'analyse de type typologique des bases de données ainsi constituées. Les techniques avancées d'analyse géométrique des données (AFM, MCOA, STATIS) sont mobilisées pour contourner les écueils de l'erreur écologique survenant dans les approches classiques de modélisations. L'utilisation des méthodes de classification non supervisée (KRLS) permettra cependant de formaliser les relations entre les variables observées. Les bases de données compilées dans le cadre de ce projet, tout comme les supports cartographiques permettant d'associer le découpage des IRIS à celui des bureaux de vote, seront pérennisées et diffusés à la communauté scientifique, offrant de nom-breuses perspectives pour de prochaines analyses et l'établissement de comparaison régionales à l'échelle française ou internationale. Cette pérennisation sera facilitée par l’existence d’un Observatoire scientifique du crime et de la Justice (OSCJ http://oscj.cesdip.fr/) créé dans le cadre d’un projet de recherche ISIS de l’Université Paris Saclay.

ANR

2015

VIORAMIL — VIOLENCES ET RADICALITES MILITANTES EN FRANCE - UNE EXPERTISE PLURIDISCIPLINAIRE SHS

Le projet VIORAMIL répond à la thématique de « la radicalisation violente des individus ou groupes d’individus », qui constitue un élément de l’axe 1 « Sécurité des citoyens, lutte contre le crime et le terrorisme » du Défi 9 « Liberté et sécurité de l’Europe, de ses citoyens et de ses résidents ». Il entend explorer les violences et radicalisations militantes en France des années 1980 à nos jours, grâce à une analyse pluridisciplinaire innovante combinant les regards d’historiens, de politistes, de sociologues, de juristes et de spécialistes de l’information et de la communication. Cette étude porte aussi sur les représentations de ces violences dans l’opinion et les médias. Elle s’intéresse enfin à l’évolution de leur gestion, en amont comme en aval (campagnes de prévention, traitement policier, suivi judiciaire), par des pouvoirs publics qui doivent associer recherche d’efficacité et respect du cadre légal. En cela, le dossier fait aussi écho à l’axe 6 « Sécurité, liberté, respect de la vie privé et des droits individuels » du même Défi mais nous avons privilégié l’axe 1 en raison de sa thématique de la radicalisation au cœur du projet. L’étude des radicalités se prête aux approches croisées. Le Défi 9 insiste d’ailleurs sur la nécessaire pluridisciplinarité de toute réflexion portant sur la sécurité globale et appelle à « une participation accrue de la part des acteurs de la recherche en SHS ». Le projet VIORAMIL répond à cet appel. Le projet s’inscrit dans l’axe « sécurité des citoyens et lutte contre le terrorisme » en « identifiant et en prévenant les risques et menaces » que fait peser « la radicalisation violente des individus et groupes d’individus » (axe 1 du défi 9 de l’appel à projet générique de l’ANR). Il s’attache aux manifestations diverses de la violence militante (idéologique, indépendantiste, religieuse, etc…) sous plusieurs formes et à différents niveaux (des débordements lors de manifestations à la planification d’attaques terroristes) et mobilise des universitaires en sciences sociales (spécialistes des violences politiques) en liaison avec les pouvoirs publics. La production consiste en un corpus inédit des violences militantes sous forme de tableaux statistiques/graphiques/cartes, en une analyse des organisations concernées et des déterminants de la radicalisation, en une étude de l’évolution du contrôle policier et du cadre juridique ainsi que des modèles pratiques de déradicalisation. L’ensemble améliorera les techniques de détection/gestion des radicalisations violentes. Elle définira des modèles de sortie de la violence pouvant inspirer les acteurs sociaux et décideurs politiques. Conformément au Défi 9, le projet associe « des partenaires académiques et des utilisateurs finaux » ici publics. Nous avons en effet obtenu le partenariat de l’Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice (INHESJ), établissement public national à caractère administratif placé sous la tutelle du Premier ministre, qui intervient dans la formation, les études et l’analyse stratégique en matière de sécurité intérieure et de justice. L’INHESJ intégrera les activités du projet dans son programme de formation.

Provenance des données

Sources : RNSR (MESR), Annuaire de l’établissement, HAL. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.