PRINTEMPS · Unité mixte
Laboratoire PRINTEMPS (Professions, Institutions, Temporalités)
Rattachement
Thématiques
Créé en 1995, le laboratoire PRINTEMPS (Professions, Institutions, Temporalités) est une unité mixte de recherche dont les deux tutelles sont l'UVSQ et le CNRS. L'équipe du laboratoire est composée de sociologues, de politistes et de démographes dont les travaux mobilisent des méthodologies variées (quantitatives et qualitatives).
Texte : Annuaire de l’établissement
725
Publications HAL
31
Chercheurs
10
Projets
Tutelles
Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Centre national de la recherche scientifique, Université Paris-Saclay
Localisation
Guyancourt
Création
2002
Direction
Camille PEUGNY
Identifiants pérennes
Références de cette unité dans les référentiels publics : elles servent à la recouper avec d’autres sources, et ne changent pas quand le nom change.
Domaines
Part des publications HAL par domaine
Sociologie
480
Science politique
156
Etudes de l'environnement
39
Démographie
31
Droit
26
Education
26
Histoire
21
Santé publique et épidémiologie
17
Histoire, Philosophie et Sociologie des sciences
14
Etudes sur le genre
14
Mots-clés fréquents : france, travail, écologie politique, migration, genre, inégalités, violence, gender, jeunesse, immigration
Chercheurs
31 personnes ayant publié depuis 2022
Projets
10 projets
2024 – 2027
The main goal of BlueGreen Governance is to develop innovative land-sea governance schemes based on scientific evidence and societal choices. The current management of oceans, seas and coasts is fragmented across multiple institutional layers and policy areas and based on past experience. BlueGreen Governance pursues an innovative approach to the governance of the seas and coastal areas that: promotes integration between institutional layers and across policy sectors with a clear impact on the use of the land and the sea; involves and engages citizens in decision-making processes, while at the same time including scientific evidence; responds predictively to changing physical conditions as indicated by scientific evidence as well as indigenous and local knowledge and citizen science; and uses e-governance tools in support of the previous three points. With this focus and approach, the project responds to the need for better-informed decision-making processes, social engagement and digital innovation while promoting more harmonious and effective science-policy-society interfaces. The promotion of better science-policy, science-society and society-policy interactions will be embedded in the digital transformation and application of e-governance tools for co-design and service delivery. BlueGreen Governance will implement and assess these innovative governance schemes in 8 cases across several European regions and sea basins and will draw lessons on how to trigger and facilitate effective institutional change via capacity building. The cases are: Comunidad Valenciana; North Adriatic; the Solent; Western Scheldt; Oslofjord; Canary Islands and Reunion. With this geographical scope, the project will investigate five marine basins (Western Mediterranean Sea, Eastern Mediterranean Sea, North Sea, Atlantic Ocean and Indian Ocean), including one transnational marine basin (i.e. the North Adriatic case) and one transnational river basin (i.e. the Western Scheldt case).
2023
Alors que la France bénéficie d’une alimentation abondante et bon marché, et que le pouvoir d’achat progresse régulièrement d’après les statistiques publiques, la précarité alimentaire augmente dans ce pays de même que dans les autres pays européens depuis 10 ans. Pour élucider ce paradoxe, ce projet met en œuvre des recherches sur la précarité alimentaire en France. Tout d’abord, il développe une enquête statistique originale en population générale, en partenariat avec le Crédoc, afin de caractériser et mesurer la précarité alimentaire. A cette enquête s’ajoutent des enquêtes ethnographiques réalisées à un niveau territorial, articulant stratégies d’ajustement budgétaire des ménages, pratiques matérielles et temporelles d’approvisionnement, enjeux de solidarité et de protection sociale. Ce projet propose renouvelle le regard porté sur les pauvres et leurs modes de vie dans les pays riches en identifiant les conditions d’une transition vers des régimes alimentaires sains et durables. En proposant une sociologie de la précarité à partir des conditions d’existence et des modes de vie, contribue aux débats actuels sur la solidarité sociale, notamment autour de la mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation
2023
Alors que des sociétés villageoises voisines, autrefois séparées par la frontière interallemande, sont aujourd'hui reliées par un réseau dense de mobilités et partagent les mêmes bassins d’emploi et la même stabilité sociale et économique, il est frappant de constater qu'elles ne coopèrent guère au-delà du travail et ne nouent pas de liens sociaux profonds ou d'amitié. Ce projet vise à éclairer ce paradoxe en saisissant et en analysant les expériences de vie, les pratiques sociales et les visions du monde des habitant·es de l'ancienne zone frontalière, qui séparait deux États idéologiquement ennemis. Nous prenons ainsi appui sur la proximité spatiale des sociétés villageoises le long de l'ancienne frontière interallemande pour interroger les effets de la séparation des deux États allemands ainsi que les processus de transformation, multiples et souvent asymétriques, qui ont accompagné la Réunification et dont les répercussions opèrent encore aujourd'hui. Le choix de trois sites d’enquête à cheval sur l'ancienne frontière permettra d'analyser les changements qui affectent à la fois l'Est et l'Ouest et de réexaminer, dans une perspective critique, la nature des processus en cours depuis 1989, interprétés dans la littérature tantôt en termes de « convergence », d’ « intégration » ou, plus récemment, de « co-transformation ». Le choix de « revisiter » des villages qui ont déjà fait l'objet de travaux de recherche dans les années 1990 confèrera une épaisseur temporelle originale à nos analyses. Nous mobiliserons une démarche ethnographique, complétée par des méthodes statistiques et cartographiques, afin de retracer la dissolution et le franchissement des frontières, ainsi que leur réaffectation et leur redéfinition. Le croisement réfléchi de trois approches disciplinaires (anthropologie sociale, sociologie et géographie) appliquées aux mêmes sites d'enquête nous permettra d’explorer plus particulièrement trois dimensions qui viendront expliquer l'émergence d'une frontière fantôme entre ces espaces sociaux, en dépit de la disparition des obstacles territoriaux et économiques : l'organisation de leur vie sociale et l'évolution des liens sociaux, familiaux et intergénérationnels (WP2), les ancrages territoriaux, les pratiques de mobilité et les aspects relationnels liés aux expériences de formation et d'emploi (WP3) ainsi que les rapports au politique et les formes d'engagement (WP4). En accord avec des considérations éthiques et de transfert, la valorisation (WP5) s'adressera tant au milieu académique qu’aux sociétés locales, qui seront invitées à participer au tournage d'un documentaire réalisé par une équipe professionnelle.
2022
Le principal objectif de PolisInWar est de revenir sur les conditions d’emploi de la force militaire par l’Etat à la période contemporaine, à partir d’une analyse du cas français. Dans le prolongement des réflexions sur le « policy state » nous croyons que cet emploi n’est pas simplement fonction des caractéristiques ou de l’ampleur de l’institution militaire dont dispose cet Etat, mais aussi de ses capacités à produire des politiques publiques et une ingénierie institutionnelle allant dans le sens de ce recours à la force militaire. Dans cette perspective, nous avançons trois séries d’hypothèses. La première hypothèse est que l’un des principaux enjeux auxquels ont été confrontés les Etats occidentaux en matière de recours à la force militaire au cours des dernières années concerne la question de son financement. Notre seconde hypothèse est que la budgétisation des opérations militaires de l’Etat, c’est à dire les modalités de leur inscription ou de leur prise en charge au sein du budget de l’Etat, peut constituer un site d’observation privilégié des problèmes que pose ce financement du recours à la force militaire et des modalités par lesquelles il est pris en charge. Notre troisième hypothèse est que cette budgétisation provoque une redéfinition des conditions dans lesquelles les autorités politiques peuvent recourir à la force militaire mais aussi des relations de pouvoir qui peuvent exister entre les différents acteurs — politiques et administratifs, civils et militaires — qui y sont associés. Faisant appel à une équipe de politistes et d’économistes, ce projet de recherche teste donc ces différentes hypothèses à partir d’une comparaison des modes de budgétisation de trois types d’opérations militaires mises en œuvre par l’Etat en France depuis le début des années 2000 : les opérations extérieures, les missions intérieures et les opérations cyber. Par une approche en terme de sociologie politique de l’action publique, il se propose donc à renouveler une analyse
2022
Depuis les années 1970, les sciences sociales ont analysé la science comme un ensemble de pratiques sociales historiquement et géographiquement situées, une approche qui a transformé notre vision de la production scientifique. SciOUTPOST met en lumière les lieux scientifiques aux marges des territoires d'outre-mer hérités de la conquête coloniale. Ce projet propose de théoriser le concept d'"avant-poste scientifique" et de le tester pour caractériser les lieux qui ne sont ni des centres de calcul ni des sites de terrain, qui sont permanents, éloignés, et relativement autonomes, et où les modes de vie temporaires entremêlent vie privée et vie professionnelle intensive, scientifiques et non-scientifiques. Enfin, ces pratiques excluent les éventuels savoirs locaux et produisent un savoir universel exclusif. Ce projet sera mené de manière interdisciplinaire, en croisant les approches des STS, de la sociologie politique, de l'anthropologie, de la géographie et de l'histoire. En outre, SciOUTPOST favorisera les échanges avec les spécialistes des sciences naturelles travaillant dans ces infrastructures. Chaque étude de cas sera réalisée par une combinaison de travail de terrain (observation in situ, histoires de vie, entretiens) et d'étude d'archives, toujours guidée par le cadre conceptuel partagé. Le concept d'avant-poste sera testé en étendant progressivement la comparaison, d'une première étape déjà explorée entre les centres de lancement spatiaux en Algérie, les observatoires volcanologiques en Martinique et les stations de biologie tropicale en Guyane, aux observatoires astronomiques, aux stations polaires (Arctique et Antarctique), aux îles des TAAF, aux stations météorologiques, aux stations archéologiques au Maghreb. La comparaison se fera également entre les périodes historiques, les zones géographiques, les disciplines, puis la " nationalité " de ces infrastructures au-delà des territoires français d'outre-mer qui restent le centre d'intérêt de SciOUTPOST.
2021
Ce projet porte sur les processus précoces de socialisation genrée au sein des familles, de la naissance d’un enfant jusqu'à ses 3 ans dans une perspective sociologique. Dans un contexte national et international où les inégalités de genre font l’objet de très vifs débats, il importe de documenter précisément les processus au travers desquels celles-ci se construisent dès le plus jeune âge. Pour ce faire, nous étudierons les processus familiaux de transmission de normes et de pratiques sexuées en nous centrant plus particulièrement sur la relation parents/enfants. Plusieurs questions alimentent notre réflexion : quelles normes et dispositions de genre les parents (mères et pères) reçoivent-ils et transmettent-ils à leurs filles et à leurs garçons ? Comment s’accomplit le travail parental de socialisation de genre sur les très jeunes enfants ? Comment les parents font-ils face, en pratique, aux injonctions plus ou moins explicites qui leur sont faites à traiter de façon égalitaire filles et garçons, mais aussi à différencier et singulariser chaque enfant ? Quelles sont les variations sociales de ces pratiques éducatives genrées selon le capital culturel et/ou économique et de la trajectoire de mobilité des parents ? Dans ce projet nous traitons de deux dimensions centrales de la socialisation sexuée : le façonnage du corps et la division sexuée du travail parental. La première considère le corps comme le support d’inscription des normes de genre et nous conduira à décrire les goûts et les pratiques concrètes des parents en matière de soins corporels de puériculture, de soins de l’apparence corporelle, d’éducation à la motricité et à l’autonomie corporelle. La deuxième examine les arrangements parentaux qui donnent à voir aux très jeunes enfants une organisation genrée – ou non – de la famille et des rôles sociaux. De ce point de vue, la division du travail parental sera considérée comme une matrice de socialisation des enfants au genre. Ces deux dimensions seront mises en regard des configurations familiales et des positions et trajectoires sociales des parents. Il s’agit de tenir ensemble l’analyse des rapports sociaux de sexe, de la position occupée dans la famille (père, mère, fille, fils, rang de naissance) et celle occupée dans l’espace social. Notre démarche est contextuelle et temporelle : elle vise à décrire en détail les variations sociales de cette socialisation en suivant son évolution au cours de la prime enfance. La recherche s’appuie sur la cohorte ELFE (Etude Longitudinale Française sur l’Enfance) qui suit 18 000 familles depuis la naissance d'un de leurs enfants en 2011. L’analyse sera fondée sur l’exploitation de quatre vagues de cette enquête : les interrogations des deux parents aux 2 mois, 1 an, 2 ans et 3,5 ans de l’enfant. Le projet s’appuie également sur une enquête qualitative longitudinale portant sur les modèles éducatifs parentaux et l’organisation familiale, initiée en 2011 et menée auprès de couples interrogés à plusieurs reprises, de la naissance jusqu’aux 3 ans de leur enfant (80 entretiens en contexte familial). Cette recherche permettra de combler les faibles connaissances sociologiques sur la socialisation familiale d’enfants d’âge préscolaire en France. Elle se propose d’éclairer les mécanismes sociaux à travers lesquels les différences entre filles et garçons – et les inégalités qui en découlent – se fabriquent dans les toutes premières années de la vie. Ce faisant elle permettra d’identifier des leviers pour lutter contre la construction précoce des inégalités de genre.
2017
L’objectif de ce projet de recherche est de comprendre le processus de fabrique des innovations que connaissent les politiques publiques dans des situations d’incompréhension et d’incertitude majeures. Pour cela, nous nous proposons d’étudier empiriquement la façon dont le Ministère de l’Economie et des Finances et plus largement l’ensemble des acteurs qui contribuent à l’élaboration de la politique économique ont appréhendé et réagi à la crise des « subprimes » de 2007 ainsi qu’à l’ensemble des crises qui vont lui succéder. A partir d’une enquête sur la trajectoire des propositions au sein des arènes politico-administratives, il s’agit ainsi de saisir la manière dont les principaux acteurs fabricant de politiques publiques, confrontés à des situations pour lesquelles ils ne disposent ni d’énoncé explicatif, ni de recettes disponibles, se mettent à en élaborer de nouveaux et à construire autour d’eux un accord suffisamment large pour les faire adopter.
2016
Le projet s’inscrit dans la thématique des politiques publiques et des innovations sociales face aux changements démographiques. Son objectif général est d'étudier les processus d'élaboration des politiques et leur mise en œuvre par les acteurs des services à domicile auprès des aînés, afin de comprendre jusqu'à quel point ils sont "co-construits" et comment ils peuvent mener à la prise en compte de l'intérêt général dans ce domaine. Le processus de vieillissement accéléré de la population en France et au Québec constitue, sur le plan démographique, un des principaux enjeux auxquels devront faire face ces sociétés au cours des prochaines décennies. Dans ce contexte, la thématique des services à domicile se situe à l’intersection de ces enjeux sociétaux alors que leur conception, leur mise en œuvre, leur coût et leur disponibilité façonnent de manière déterminante et durable la qualité de vie des aînés, et leur décision de vivre à domicile ou en institutions. Aussi, nos préoccupations de recherche portent 1) au plan « macro », sur la manière dont les politiques publiques, au lieu d’être élaborées uniquement par des « décideurs étatiques», peuvent être co-construites avec divers acteurs concernés des secteurs public, marchand ou associatif ; et sur la portée innovante des formes d’action et des marges d’autonomie qu’elles permettent ; 2) au plan « méso », sur les répercussions de ces politiques sur les différents registres d’engagement et les statuts différenciés des professionnels, qui doivent prendre en compte les contingences des situations à domicile et la singularité des besoins ; 3) aux plans « micro » et « macro », nous chercherons à comprendre comment les besoins des aînés cheminent sur le plan individuel et collectif, et s’expriment par rapport à l’offre de services des territoires. Notre approche privilégiera donc l’entrée par les acteurs, leurs positionnements et leurs stratégies, en interrogeant la participation décisionnelle (ou non) des parties prenantes à la co-construction des politiques de services à domicile ; en analysant les effets potentiellement innovants sur les processus de professionnalité, de mise en œuvre des services et de réponses aux besoins des aînés. Les données de la recherche seront recueillies à partir d’une méthode originale (non encore expérimentée à notre connaissance dans les recherches comparatives France/Québec) de missions conjointes réalisées sur 4 terrains par des binômes de chercheurs franco-québécois.
2014
L’accès aux soins ambulatoires est une responsabilité essentielle des systèmes de protection sociale. Malgré une augmentation de la densité médicale on assiste pourtant à l’accroissement du nombre de territoires sous dotés en médecins, en particulier pour les soins de premier recours. Les prévisions à moyen-terme vont dans le sens d’un renforcement de ce problème. Ce projet analyse, dans une perspective comparative, les politiques menées, pendant la période qui va du début des années 2000 jusqu’à aujourd’hui, pour prendre en charge cet enjeu, dans quatre États providence ouest-européens (Allemagne, France, Royaume-Uni, Suède). Trois questions principales sont posées : 1. Quels objectifs et instruments caractérisent les politiques de santé menées au cours de cette période pour répondre au problème de l’insuffisance de l’offre locale de soins médicaux ? 2. Quels facteurs expliquent la formulation des objectifs et le choix des instruments ? 3. Dans quelle mesure ces politiques s’inscrivent-elles dans une dynamique de changement de la régulation des systèmes de santé et de l’organisation des soins dans les pays analysés ? Le travail de recherche mené à partir de la première question vise à accroître la connaissance empirique des politiques de santé à partir des données et des documents recueillis et à élaborer une typologie des modalités de construction du problème de l’insuffisance de l’offre locale de soins médicaux et de formulation des politiques publiques visant à y répondre. Le travail de recherche mené à partir de la deuxième question vise à accroître la connaissance théorique, en termes de comparaison des transformations de l’État et des politiques de santé, à partir d’analyses empiriques qualitatives et d’explications du changement. Nos hypothèses théoriques visent à analyser les liens de causalité entre systèmes de santé et stratégies de politiques publiques. Nous nous intéressons tout particulièrement à la façon dont les acteurs impliqués construisent les problèmes, à leurs ressources de pouvoir et aux structures institutionnelles des systèmes de santé. La troisième question est centrée sur l’enjeu clef du changement des systèmes de santé. Nous nous demanderons si la formulation des politiques régionales de soins ambulatoires et le choix des instruments conduisent à la mise en place de nouvelles formes institutionnelles de régulation (en termes d’hybridation) ou si les réponses apportées s’inscrivent dans les dispositifs et structures préexistants (dépendance au sentier). Par là est également problématisée, en termes comparatifs, la question de la convergence (ou non) des systèmes. Le travail d’enquête se base sur l’analyse qualitative du contenu de documents en lien avec les politiques de santé (rapports, prises de position de acteurs, textes de lois et débats parlementaires …) et des entretiens avec les acteurs impliqués. L’analyse des stratégies définies nationalement sera complétée par des études de cas locales. En plus de ces objectifs scientifiques ce projet a aussi une finalité plus opérationnelle, en particulier pour les deux pays partenaires, en termes de transferts d’expériences transnational afin de répondre au mieux à cet enjeu.
2012
Ce projet de recherche porte sur les conditions de vie et de sortie des jeunes de 17 à 21 ans placés dans le cadre de la protection de l’enfance en France. Il s’inscrit dans la lignée des études sur le « devenir adulte », c’est-à-dire le devenir à long terme des jeunes placés et plus spécifiquement sur la période de sortie du dispositif de protection de l’enfance. Il vise à combler un manque de connaissances sur la période de l’après-placement très mal renseignée par ces études qui démontrent toutefois qu’elle est vécue de manière brutale comme un « lâchage institutionnel ». Beaucoup de jeunes confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives au moment de leur placement restent, en effet, toujours vulnérables une fois sortis du système de protection. En population générale, la transition vers l’âge adulte a, au contraire, été largement étudiée par les sociologues de la jeunesse et les démographes. L’accès au logement autonome et à l’emploi, l’entrée en conjugalité et/ou en parentalité qui caractérisent le « passage à l’âge adulte » font l’objet de processus graduels et susceptibles d’aller-retour. Il s’agit d’une phase du cycle de vie où les politiques sociales et dispositifs d’aide sont, en France, particulièrement peu présents ; on s’en remet aux solidarités familiales. Cette transition vers l’âge adulte est alors une affaire de famille, y compris pour les populations plus défavorisées sorties du système scolaire précocement. En cas de chômage des jeunes, la famille est source d’aide résidentielle. Peu diplômés, avec un réseau familial faible ou inexistant, les jeunes sortants de protection cumulent les inégalités face à leurs pairs et vont devoir faire face, précocement dans l’urgence, à toutes les transitions vers l’âge adulte. Le projet IN-ELAP dont les méthodes s’inspirent fortement de la sociologie et de la démographie, s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire de chercheurs spécialisés dans le domaine de la protection de l’enfance ou des populations en difficultés, tant pour la conception de l’enquête que pour l’analyse des résultats. Elle répondra au manque de cadrage actuel sur la population des enfants protégés en France en fournissant des résultats représentatifs qui tiennent compte de leurs caractéristiques sociodémographiques et des différents modes d’interventions. Il s’agira de dépasser les représentations liées aux résultats d’études monographiques sur le devenir adulte des enfants placés et de prendre en compte toute la diversité des parcours de prise en charge et les types de placements dont les jeunes bénéficient à la veille de leur sortie du dispositif. Les conséquences des inégalités territoriales des politiques départementalisées de protection et des politiques locales envers les jeunes en difficultés feront l’objet d’une attention particulière, notamment par le biais d’une étude comparative des populations protégées selon les politiques mises en œuvre dans 10 départements. Par ailleurs, une étude sur le temps de la sortie de prise en charge sera réalisée en deux vagues d’enquêtes, à un an d’intervalle, au sein des départements d’Ile-de-France et du Nord-Pas-De-Calais auprès de 1500 jeunes placés. Elle reposera sur un échantillon représentatif des jeunes placés et âgés de 17 à 21 ans rencontrés en face-à-face lors d’une première vague d’enquête. Cette étude sera prolongée par un suivi passif renseignant la fin de trajectoire de protection de l’enfance et par un suivi qualitatif d’environ 3 ans auprès de 100 à 150 jeunes. L’analyse portera alors autant sur le temps de la prise en charge (qui sont les jeunes protégés ? Comment sont-ils protégés ? Quel est leur parcours de protection ? Sur quelles compétences vont-ils s’appuyer au moment de la sortie (niveau scolaire, entourage, préparation à l’autonomie…) que sur la période qui succède le dernier placement en reprenant les grandes lignes de la transition du passage à l’âge adulte.
Provenance des données
Sources : RNSR (MESR), Annuaire de l’établissement, HAL. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.