ANR · 2018
SynPPR — Exploiter des protéines synthétiques de liaison à l’ARN à motifs PPR pour le contrôle ciblé de l’expression génétique dans les organismes vivants
Le génie génétique représente un enjeu majeur pour la recherche fondamentale mais aussi appliquée. Malheureusement, la plupart des méthodes qui permettent la manipulation des gènes nucléaires ne sont pas facilement transposables aux mitochondries et chloroplastes qui contiennent leur propre génome. La compréhension de l’importance des mécanismes post-transcriptionnels dans la régulation de l’expression des gènes et du rôle d’ARN défectueux dans certaines myopathies ou dans le contrôle de la fertilité des plantes a engendré le développement de nouveaux outils de génie génétique ciblant les ARNs. Les protéines de liaison aux ARNs jouent des rôles essentiels dans le métabolisme de l’ARN et la capacité à concevoir des protéines qui se lieraient à n’importe quelle séquence ARN pourrait fournir un outil innovant pour le génie génétique. Dans ce contexte, les protéines pentatricopeptide repeat (PPR) représentent une classe idéale de protéines de liaison à l’ARN dont l'architecture modulaire et les propriétés de liaison aux ARNs représentent des options intéressantes pour la mise en place d’outils visant à contrôler l’expression ou le fonctionnement des ARNs. Les protéines PPR sont constituées d'un nombre variable de répétitions d’un motif dégénéré de 35 acides aminés qui se lient à des séquences d'ARN spécifiques suivant un mécanisme dans lequel chaque motif répété reconnaît une seule base de l’ARN grâce à l'action combinatoire de 2 acides aminés dans chaque répétition. Ce code de reconnaissance permet aujourd’hui de concevoir des protéines PPR ayant la capacité de lier n’importe quelle séquence ARN d’intérêt. En utilisant une PPR synthétique optimisée et ce code de reconnaissance, nous avons démontré, en préambule à ce projet, que des répétitions de motif PPR synthétiques (SynPPRs) pouvaient être programmées pour s’associer à n’importe quelle séquence ARN, ouvrant ainsi la porte à de nombreuses applications en biologie de synthèse. Le projet SynPPR visera à développer des protéines PPR synthétiques utiles pour la biologie végétale, l’agronomie et la médecine et sera organisé en 3 tâches. La tâche 1 utilisera les SynPPRs pour réguler l’expression des gènes des organites chez Arabidopsis et contrôler la production de pollen chez les plantes cultivées. Lors de la tâche 2, nous concevrons des SynPPRs dont le rôle sera de réprimer des ARN toxiques dans le noyau de cellules humaines malades. Finalement, dans une dernière tâche 3, nous concevrons un crible haut-débit chez E. coli pour sélectionner rapidement des interactions protéine-ARN et ainsi améliorer la compréhension des mécanismes de liaison PPR-RNA. Ces derniers résultats seront utilisés pour affiner la conception des protéines SynPPRs. Ce projet multidisciplinaire impliquera une collaboration entre 3 équipes internationalement reconnues, aux expertises complémentaires. L’équipe de K. Hammani au CNRS-IBMP, Strasbourg (partenaire 1) est reconnue pour la biochimie des protéines PPR. Celle de H. Mireau à l’INRA-IJPB, Versailles (partenaire 2) est experte dans le contrôle mitochondrial de la production du pollen et la traduction mitochondriale végétale et l’équipe de D. Furling à l’INSERM-CRM (partenaire 3) est un leader mondial dans le développement de biothérapies pour la dystrophie myotonique. Les connaissances acquises dans le cadre du projet SynPPR auront un fort impact économique et scientifique puisqu’elles apporteront d’une part, une méthode nouvelle pour le génie génétique exploitable à la fois en recherche fondamentale et appliquée et d’autre part, répondront à certains enjeux primordiaux de l’agriculture moderne, comme la production de gènes restaurateurs de fertilité mâle optimaux qui faciliteront la production de semences hybrides chez les plantes ou, cliniques comme le développement de solution curatives à certaines maladies humaines associées à des ARN toxiques.
Structures participantes de Université Paris-Saclay
Provenance des données
Sources : scanR. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.