ANR · 2013
MON-ANR — MOdélisatioN et observAtions de la recoNnexion magnétique asymétRique
La reconnexion magnétique est un phénomène universel transférant l’énergie magnétique en énergie cinétique et thermique du plasma, tout en changeant sa connectivité magnétique, ayant ainsi des conséquences importantes sur son transport. Parmi de nombreux systèmes dans l’univers, la magnétopause terrestre, proche et “facilement” atteignables par des missions spatiales, constitue un laboratoire fantastique pour étudier le processus de reconnexion en détail, en plus d’être, en elle seule, un vecteur important d’activité géomagnétique. Lorsqu’elle s’y produit, la reconnexion couple en effet de manière critique le vent solaire à notre magnétosphère. La magnétopause est une frontière magnétique tri-dimensionnelle et non collisionnelle séparant le vent solaire du plasma magnétosphérique et à travers laquelle le champ magnétique tourne, de l’orientation interplanétaire à celle donnée par le dipôle Terrestre. Bien qu’il soit connu que la reconnexion à la magnétopause soit fortement influencée par l’orientation du champ interplanétaire, nous ne comprenons pas comment ce paramètre impacte la microphysique locale dont résulte notre vision globale. De plus, l’asymétrie de la magnétopause la distingue de la majorité des modèles de reconnexion, se basant d’avantage sur des couches de courant symétrique, qui, strictement parlant, sont plutôt singulière même si elles guident cependant notre intuition. Ce projet de trois ans propose de s’attaquer au problème crucial de l’impact des propriétés environnementales méso-échelle sur la reconnexion magnétique non collisionnelle, en ce concentrant sur l’impact i) d’une variation de l’angle de cisaillement magnétique, ii) d’une variation lente du degré d’asymétrie et iii) de variations tri-dimensionnelles. Nous utiliserons des simulations 2D cinétiques et hybrides cinétiques, plus tard confrontées à des simulations 3D cinétiques et fluides, et toujours en proche relation avec des observations multi-missions, de la magnétopause terrestre et du vent solaire, faisant une utilisation intense des outils à l’état de l’art développés à l’IRAP, les améliorant et en développant de nouveaux. En octobre 2014, la NASA va lancer la mission d’envergure “Magnetospheric Multiscale” (MMS) pour étudier la microphysique de la reconnexion jusqu’aux échelles électroniques. Notre projet ambitieux et compétitif est très cohérent avec les objectifs scientifiques de la mission. Ceux-ci seront atteints via le rassemblement de forces complémentaires de la communauté plasmas spatiaux Française en théorie, modélisation numérique et observations spatiales, avec les experts mondiaux en théorie et modélisation de la reconnexion magnétique, dans une nouvelle et forte collaboration internationale sur un sujet largement reconnu comme l’un des plus importants de la physique expérimentale, spatiale et astrophysique, des plasmas. Ce projet sera réalisé à l’IRAP, mais impliquera également des chercheurs du Laboratoire de Physique des Plasmas (LPP) et NASA Goddard Space Flight Center (GSFC). Si ce dernier, construisant les quatre satellites de MMS, est évidemment fortement engagé dans la mission, le l’IRAP et le LPP y sont également fortement impliqués en participant à son instrumentation. Ce projet est au coeur des objectifs scientifiques du groupe Géophysique Planétaire et Plasmas Spatiaux, auquel il apportera, ainsi qu’à la communauté plasma Française, une expertise très désirable en modélisation numérique de la reconnexion magnétique non collisionnelle. Il sera découpé en cinq tâches basées sur une forte synergie observations/théorie/simulation, conçues pour aboutir à des résultats clé sur la physique de la reconnexion, et pour offrir à la communauté des bases des données originales et des codes innovants d’analyse de données.
Structures participantes de Université Paris-Saclay
Provenance des données
Sources : scanR. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.